"C'est dans l'effort que l'on trouve la satisfaction et non dans la réussite. Un plein effort est une pleine victoire." Gandhi

 

Sunrïs

La France accueille chaque année des ressortissants étrangers en besoin de protection pour qu’ils débutent une nouvelle vie sur son territoire. La France s’est engagée à réinstaller 10 000 personnes d’ici le 31 décembre 2019 dans le cadre du régime d’asile européen et de sa coopération avec le Haut-Commissariat pour les Réfugiés des Nations-Unies (HCR).

 

Dans ce cadre la Direction Générale des Etrangers en France a lancé un appel à projet auquel a répondu Viltaïs. Le projet  Sunrïs, présenté par l’association, a été retenu. Au total, 11 opérateurs ont été retenus en France.

Qui sont les « réinstallés » ?

Les personnes qui viendront s’installer dans l’Allier et les départements limitrophes vivent actuellement dans des camps situés dans les pays limitrophes de la Syrie. L’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) est sur place. Elle délivre, au cas par cas, des statuts de réfugiés. Sunrïs accueillera de petits nombres de réfugiés sur plusieurs communes de l’Allier et ses environs. Les installations seront effectives après consultation des maires concernés et validation de la préfecture. Ensuite, l’OIM (Organisation Internationale pour les Migrations) valide les passeports.

Quel accompagnement est prévu pour ces personnes ?

L’association est chargée de repérer des logements adaptés aux personnes concernées (fragilité, santé, handicap, …). A leur arrivée et pour une période de 2 mois, dans l’attente de l’ouverture des droits, Viltaïs est locataire du logement, puis le bail glisse vers les nouveaux arrivants. L’équipe, composée de 6 personnes, les accompagne sur une durée de 12 mois pour s’insérer professionnellement, solutionner les éventuelles questions de santé, accompagner l’intégration dans le logement, scolariser les enfants, ...Un travail est mené avec Pôle emploi pour identifier les secteurs en tension pour lesquels les réfugiés pourraient offrir leurs compétences. La baisse démographique constatée dans l’Allier et le fait que ce département soit le premier département de France en terme de vacance de logements font qu’il est particulièrement adapté à l’accueil de population.

 

Comment articuler missions associatives et missions de l’Etat ?

Viltaïs travaille depuis de nombreuses années avec les services de l’Etat. Ces années de collaboration ont entraîné une connaissance des compétences mutuelles et une volonté de concertation, qui se sont récemment traduits par de belles réussites.

Ce partenariat prend forme à travers la réponse à des appels à projets. « L’Etat fixe des objectifs et nous laisse libre de définir la méthode pour les atteindre. », explique Karine Bouteleux, directrice du Pôle Hébergement et Réinsertion Sociale de Moulins. « On peut aussi faire remonter des besoins, donner des idées, suggérer à partir de notre expérience du terrain. » Al’échelle régionale, l’association a également beaucoup travaillé dans cette dynamique.
Les projets actuels comme le CAO (Centre d’Accueil et d’Orientation) de Varennes ou le CAOMI (Centre d’Accueil et d’Orientation pour Mineurs Isolés) de Blomard, amènent les équipes à se côtoyer régulièrement. « Construire des liens personnels est utile car cela permet de compléter notre bonne compréhension des dispositifs par des échanges dynamiques . C’est utile en temps de crise, comme actuellement, mais ceci tient aux bonnes dispositions de nos services. », explique Gilles Nedelec, Directeur départemental adjoint de la DDCSPP de l’Allier (Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations).

La réactivité et la volonté de proposer des solutions

L’exemple de la mise en place du CAO de Varennes valide les capacités opérationnelles de l’association, « accueillir 200 personnes sur un site qui n’est pas prévu pour ça, dans un délai limité, est la démonstration d’un véritable savoir-faire. », précise Gilles Nedelec. « La crise des migrants implique d’être réactifs, car nous sommes souvent prévenus au dernier moment. Nos commandes sont souvent imprécises et fluctuantes. L’adaptation et la souplesse engendrent un cercle vertueux, car lorsqu’on a constaté que ça marchait, on peut avancer même avec une part d’incertitude, on sait que l’on pourra réussir. » La mise en place du CAOMI a reposé sur ces capacités.

Un équilibre fragile à préserver

«  S’adapter sans cesse peut être épuisant. On ne peut pas toujours être en tension. L’un des enjeux de Viltaïs, aujourd’hui, est certainement de stabiliser et pérenniser ses nouveaux services. », conclut Gilles Nedelec.